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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 17:03

Giacometti n'a eu cesse que de décrypter les plus simples expressions de ses modèles, visant à ne plus faire figurer que l'essentiel des âmes. Modelés à la manière des statues ...

En étirant ses corps, il leur confère des traits bruts, pétris dans masse, à la fois décharnés, vidés de leurs volumes superflus et pleins de facettes. C'est comme si chaque centimètre de peau était couvert d'une blessure.

Jean Genet, grand admirateur dira à propos de son travail :

" Il n'est pas à la beauté d'autre origine que la blessure, singulière, différente pour chacun cachée ou visible, que tout homme garde en soi, qu'il préserve et où il se retire quand il veut quitter le monde pour une solitude temporaire mais profonde."  Extrait de L'atelier d'Alberto Giacometti. 1958


Son principal modèle fut son frère Diego, qu'il analyse, peint et pétrit jusqu'à en tirer les formes les plus brutes, à la fois en sculpture et en peinture.


Il représente aussi Annette, sa femme.

soth-imp-mod-eve-Lot-34-Giacometti-Buste-d’Annette-VIII


Annette Arm emménage avec lui en 1947, dans son petit atelier du 46 rue Hippolyte-Maindron à Paris.Il sera sa muse, son inspiration, même si on lui connait d'autres relations extra conjugales. Elle sera indulgente et patiente. Il l'épousera le 19 juillet 1949.

 

 

D'elle, on ne sait que peu de choses. Elle décèdera le 19 septembre 1993, soit plus de 27 ans après Alberto ( mort le 11 janvier 1966 de problèmes pulmonaires et cardiaques).

 

 

Il inscrit son travail sur Annette dans la lignée de ce qu'il a effectué avec Diego. La statuette d'Annette poursuit le travail qui conduira à L'homme qui marche (1960).

Portrait d'Annette Huile sur toile de 1951-1952

Annette , statuette 1953

Annette lV, statuette de 1962, en image ci dessus

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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 21:40

S'il est une statuette qui préfigure l'avenir de son art, c'est bien celle-là. Alors installé dans son atelier rue Hippolyte Maindron depuis quelque mois, il est marqué par ses rencontres avec André Masson, Joan Miro, Alexandre Calder ou encore Michel Leiris.

Tous issus du mouvement surréaliste, ils cherchent, par la simplification des lignes, à exprimer des sentiments extrêmes.

Dans cette représentation, l'homme n'y est plus que sexe. Dressé vers le corps de la femme, il est une lame. Penché vers elle, à "couteau tiré", il la menace. Y a t-il du désir ou uniquement du sadisme ?

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Les deux formes sont lointaines, et on a du mal à penser que la femme est amoureuse.

Repliée dans une concavité toute féminine, elle semble se rétracter et refuser l'étreinte.

On ne peut qu'être troublé en voyant cette statue. Elle est à la fois fascinante et dérangeante. Elle témoigne d'un surréalisme curieux et inquisiteur.

L'homme n'est-il que cela ?

L'amour n'est-il qu'un espace vide entre deux êtres?

Elle invite à une instrospection de la nature humaine. 

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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 21:34
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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 08:01

Sculpteur et peintre suisse, Alberto Giacometti rechercha toute sa vie à faire transparaître dans ses nombreuses sculptures l'essence des hommes. Il cherchait à travers un travail minutieux d'étirement des corps à sublimer leur expression. Fils d'un peintre post-impressionniste réputé et filleul du peintre "fauve" Amiet, Alberto Giacometti est né le 10 octobre 1901 dans le Val Bregaglia.

De son enfance alpestre, il garde le plaisir de pétrir la matière, de l'argile au plâtre.

Il rentre à l’école des arts et métiers de Genève en 1919, puis suit les enseignements de Bourdelle à Paris dès 1922.

Dès 1927, il s'installe dans un minuscule atelier rue Hippolyte-Maindron et commence sa création de sculptures aux volumes réduits, utilisant principalement son frère comme modèle.

Attiré par les surréalistes, il adhère à ce mouvement en 1930, effectue de nombreuses oeuvres comme La boule suspendue (1930) La table surréaliste (1935) avant de s'en éloigner sous prétexte que les notions de rêve, d'inconscient ne permettent pas d'accéder à la profondeur de l'individu.

Revenu aux figures humaines, Giacometti les réduisit à leur plus simple expression.

"Ses statues me causent ce curieux sentiment : elles me sont familières, elles marchent dans la rue. Or, elles sont au fond du temps, à l'origine de tout..." disait Jean Genet de ses oeuvres filiformes aux socles massifs, retenant la série des "homme qui marche" démarrée en 1947.

Plusieurs expositions lui sont consacrées de 1950 à 1965, à Bâle, Berne, Zurich et aussi New York ou Paris. Il obtient des prix, celui de La Biennale de Venise en 1962.

Il décède d'une insuffisance pulmonaire, le 11/01/1966, deux mois après son hospitalisation, presque aussi maigre que ses sculptures. Il avait 65 ans. Il fut enterré dans le caveau familial en Suisse, auprès de ses parents.

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à vous rendre sur le site officiel : Fondation-giacometti.fr.

Giacometti at the MOMAAnnette IVGiacometti_Shadow

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